Le Dauphiné Libéré


L’espace de deux soirées, demain et samedi, le château de Cuirieu, classé Monument historique, va voir défiler des spectateurs. Dans cet écrin entouré de plusieurs dizaines d’arbres centenaires et aux toits à tuiles en écailles brunes, des familles vont se faufiler dans une grange attenante.

Car, pour la première fois, cet édifice implanté sur une colline à Saint-Jean-de-Soudain accueille une compagnie théâtrale. Il s’agit d’“À ciel ouvert, les justes causes”, pour deux représentations de la pièce “L’Annonce faite à Marie”, une tragédie mêlant le drame au divin, signée Paul Claudel.

Tout un symbole selon Charles-Louis de Noüe, dont la famille est propriétaire du château de Cuirieu. C’est l’occasion aussi de célébrer le 150e anniversaire de la naissance de ce poète diplomate. « Paul Claudel était un ami de mon arrière-grand-père. Il lui est arrivé de passer au château. L’idée, avec la première édition de ce Festival de théâtre intercontinental, est de faire vivre cette maison et de voir le théâtre comme un vecteur de culture. Puis, Claudel et Brangues, c’est une grande histoire, cette commune est proche d’ici [Claudel a fait l’acquisition du château de Brangues et s’y est installé en 1927, NDLR]. »

Un mélange de haine, de jalousie, d’amour, de pardon

Ainsi, après une rencontre à Rome, l’an dernier, avec le metteur en scène et comédien Émile Azzi, il est acté de la venue de la troupe pour deux dates. Sur scène, ils seront six. Ces hommes et ces femmes ont investi Cuirieu dès le début de cette semaine. Pour revisiter les lieux, les adapter et répéter ce drame familial autour de la rivalité amoureuse de deux sœurs. « C’est une pièce familiale, mystique, mais non religieuse, qui réunit toutes les passions humaines, que ce soit la haine, la jalousie, l’amour, la foi, le pardon, etc. On est dans une France rurale et profonde, dans celle des vieilles pierres », dépeint Émile Azzi. « Des déchirures émergent, mais il y a toujours l’espoir de recoudre les choses », note Charles-Louis de Noüe.

Pour Claudel, comme il le disait, c’était le « drame de la possession d’une âme par le surnaturel ».


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